Une plainte déposée par les protestants de Vendémian

Dans le tome 3 de « La France protestante », publié en 1881, les auteurs Eugène et Emile Haag, mentionnent un récit issu des Archives municipales du Vigan.

Ce texte fait état de la plainte, exposée le 3 juin 1629, auprès de Estienne de Lafabrègue, premier consul, et du Conseil de Direction du Vigan par David Cabanis et Guillaume Lardat, habitants de Saint-Pargoire et des gens du Pouget, de Vendémian, de St-Jean de la Blaquière, tous protestants, au sujet des mauvais traitements qui leur ont été infligés par Jean de Boyer, seigneur de Camprieu et des militaires sous son commandement ainsi que des sommes d’argent qu’ils ont été contraints de leur payer.

Le récit porte sur ce qu’il s’est passé à Saint-Pargoire. J’indique ci-dessous la deuxième partie qui concerne Vendémian.

« … le 24 de décembre dernier, led. sr de Camprieu, accompagné du Père Bonaventure, de dix soldats et de dix carabiniers, se rendit à Vendémian et prit logement chez ceux de la religion, ayant logé le 24 chez M. Arnaut, notaire, qu’il força d’aller à la messe et de faire abjuration ; puis il se changea à la maison de Mathieu Faucilhon et lui en fit autant, puis chez M. Roques avec les sudits gardes et soldats qui firent grands dégâts et ravages en sa maison, et même le sr de Camprieu le battit grièvement et lui donna plusieurs coups d’éperons jusqu’à ce qu’il l’eût forcé d’aller aussi à la messe. Il continua ainsi d’aller loger de maison en maison jusqu’à ce qu’il les eut contraints et forcés de se révolter et pour y parvenir plus facilement, outre les menaces de les emprisonner et les faire mourir eux et leurs familles, faisait tenir les ports dud. Vendémian fermées pour empêcher qu’aucun ne pût sortir dud. lieu. Boulet, cordonnier, était parvenu à s’échapper avant qu’on n’eût pris garde à lui. Il levoit 30 livres par jour pour lui ou pour les carabiniers sur ceux de la religion de Vendémian, après les avoir fait révolter et 6 livres pour ledit Bonaventure. S’étant retiré de Vendémian il alla en faire de même au Pouget, et au-delà s’en serait allé, ainsy qu’ils auraient ouy dire, en la ville de Gignac pour faire aussi révolter tous ceux de la religion de lad. ville » .

Couverture du tome 3 du livre La France protestante publié en 1881, source Gallica.bnf.fr