En 1866, on déplace le cimetière de Vendémian

Le 12 février 1866, le Conseil municipal écoute la lecture de la lettre adressée au sous-préfet de Lodève par Alexandre Cellier, propriétaire vendémianais, rappelle les actions faites avant cette démarche personnelle avant de voter pour le transfert du cimetière.

Les archives départementales de l’Hérault conservent le cadastre de Vendémian de 1824. J’en ai extrait cette image du centre du village qui permet de situer le cimetière à cette époque. Il était à peu près à l’emplacement de l’école, juste avant le terrain de tambourin.

Cimetière de Vendémian (Hérault) en 1824.
Extrait du cadastre de Vendémian de 1824 conservé aux Archives départementales de de l’Hérault

Après avoir ouvert la séance, M. le Maire a communiqué au conseil une lettre de M. Alexandre Cellier, propriétaire, domicilié dans cette commune par laquelle il demande à M. le Sous-Préfet de Lodève, qui me l’a transmise avec ses instructions là depuis, la translation du cimetière actuel dans un endroit plus convenable. Cette lettre est accompagnée d’un rapport de M. le Docteur Fournier du Pouget qui démontre la nécessité de ne plus différer cette translation afin d’éviter les effets fâcheux que le rapprochement du cimetière, situé seulement à quelques mètres du village, peut exercer sur la santé de ses habitants.

Les faits exposés, dans la lettre de M. Cellier et dans le rapport dont elle est accompagnée sembleraient faire supposer que l’autorité locale ne s’est jamais préoccupée de cet objet qui touche de si près aux intérêts de l’hygiène publique, et que c’est à lui que la commune doit d’en avoir pris l’initiative, ce qui ne serait pas exact. En effet, je me rappelle que mon prédécesseur, M. Liron, avait plusieurs fois proposé au conseil municipal, comme mesure sanitaire, le changement du cimetière et avait même produit à cet égard un rapport très détaillé à l’appui de sa demande. Il n’y a pas longtemps que j’ai renouvelé moi-même cette proposition devant le conseil municipal dont M. Cellier faisait alors partie et, comme d’habitude, elle a été rejetée par suite de l’insuffisance de nos ressources. Je tenais, Messieurs, à vous faire cette communication afin de dissiper l’idée que vous pourriez avoir de notre négligence sur une question qui intéresse vivement la santé publique et le bien-être de nos concitoyens. Je dois, au surplus, vous faire remarquer que d’après des informations puisées à bonne source, M. le Docteur Fournier aurait un peu exagéré le danger provenant de la position du cimetière relativement à la production de maladies épidémiques qui ont sévi ici l’an dernier, notamment pour ce qui regarde l’épidémie de variole dont le développement dépend toujours d’une cause spécifique complètement étrangère à l’étiologie indiquée dans son rapport.

Quoiqu’il en soit nous reconnaissons tous que le danger existe et que par cela même il convient d’y porter remède. La question d’argent ne doit plus par conséquent nous arrêter ni être un obstacle à l’accomplissement d’une entreprise si éminemment utile d’autant plus que la dépense pour cela ne comprendra que les frais de construction d’un mur de clôture, le terrain sur lequel devra être établi le nouveau cimetière étant gratuitement donné à la commune par M. Cellier. Ce terrain que vous avez examiné et parcouru plusieurs fois est situé à environ 135 mètres du village et réuni toutes les conditions nécessaires pour l’usage auquel il est destiné, il serait très difficile d’en trouver de plus convenable sous tant le rapport de sa position que de la nature du sol. Sa surface est d’environ 2475 mètres carrés, avec la faculté d’en augmenter la grandeur si cela est nécessaire. Cet acte de munificence de la par de M. Cellier est assez important, Messieurs, pour nous imposer le devoir de lui en témoigner ici notre reconnaissance.

Maintenant voici les moyens à l’aide desquels je propose de faire place à cette dépense. La commune étant complètement obérée et se trouvant dans l’impuissance de se procurer en ce moment aucune ressource, on pourrait suppléer à ce manque de fonds par une souscription volontaire en argent et en nature et prier l’autorité supérieure qui connaît toute la pénurie de notre position de vouloir bien nous accorder un secours suffisant pour compléter le solde de cette dépense.

Le Conseil municipal, vu la proposition de M. le Maire touchant la translation du cimetière.

Considérant que l’existence du dit cimetière dans l’endroit où il est situé est susceptible d’exercer une influence fâcheuse sur la santé publique et qu’il est du devoir de l’administration d’en opérer le changement le plus tôt possible.

Le Conseil adopte la proposition de M. le Maire et le prie de vouloir bien faire immédiatement les démarches nécessaires à l’effet d’obtenir de l’autorité supérieure l’exécution de cette mesure d’intérêt public et l’autorisation de passer l’acte au sujet de la donation faite par M. Cellier en faveur de la commune.

Le Conseil vote, en outre, ses remerciements à M. Cellier, non seulement pour le dont qu’il vient de faire mais encore pour son empressement à doter la commune de ce bienfait.

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